
Quel bel ouvrage ! C’est là un livre à lire impérativement par tous les amoureux de la solitude mais aussi par ceux qui la redouteraient. Il ôte toute l’appréciation négative que l’on confère habituellement à cet état et enlève définitivement toute culpabilité et toute gêne à vivre avec bonheur ces instants avec soi-même dans une société où le « vivre ensemble » devient un mot d’ordre tout en confondant allégrement intimité et promiscuité.
Il tord aussi le cou à des idées toutes faites comme « l’homme n’est pas fait pour vivre seul ». Cela dépend des gens. Et comme le rappelle le proverbe « Mieux vaut voyager seul que mal accompagné » !
Vivre seul, ce n’est pas être misanthrope ou asocial, ce pourquoi ce livre rappelle également ce mot fameux de Diogène que j’aime tant, pour qui l’homme riche et heureux est avant tout « celui qui se suffit à lui-même ». Certains ont pu dire que se suffire à soi-même est l’apanage des égoïstes; c’est là une vue bien étroite et qui oublie que pour aller à l’Autre, il faut d’abord apprendre à aller à Soi, en toute quiétude. Mais pour vivre seul, il faut une force que n’ont pas ceux qui auraient besoin de s’agglutiner en masse pour avoir l’illusion d’exister.
Je lui reprocherai peut être dans son dernier tiers de trop longs développements (à mon goût) sur les mystiques inspirés par Dieu mais c’est un livre remarquable et on constate avec plaisir que l’auteure a suivi des études de lettres. Quel bonheur que de lire des livres tout simplement bien écrits !
Auteur/autrice : Xavier Cornette de Saint Cyr
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L’esprit de solitude – Jacqueline Kelen
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Après le suicide d’un proche: Vivre le deuil et se reconstruire Docteur Christophe Fauré

Un livre émouvant, tout en sensibilité, respect, pudeur et subtilité.
Une vision particulièrement bienveillante de ces émotions que sont notamment la culpabilité, la colère, la honte ressenties face à au suicide.
Une manière de réaliser que, malgré tout, il n’y a pas de réponse au « Pourquoi ? ». Seul le sait celui qui part.
A lire également par ceux dont un de leurs amis ou proches a été confronté au suicide pour simplement comprendre que la peine, le chagrin, le déchirure, la dépression ne s’éteignent pas toutes seules au bout de six mois. Le temps n’avance pas à la même vitesse pour chacun et il est des cicatrices qui se ferment avec infiniment de difficultés et de douleurs.
Ce beau livre se termine sur une lumière qui apparaît, tout lentement, fragile autant que précieuse. -
Plus jamais victime – Pierre Pradervand

Un livre très intéressant pour déterminer si l’on a « envie » d’être constamment victime et donc de se plaindre et de subir sa vie ou au contraire de s’assumer, d’agir et d’être adulte et donc d’être responsable de sa vie et de son orientation.
Il décline en fait un proverbe arabe, rappelé en page 20 : « Celui qui veut faire quelque chose (= la personne responsable) trouve un moyen, celui qui ne veut rien faire (= la victime) trouve une excuse ».
Certaines personnes sont très pénibles à fréquenter quand elles cherchent en permanence à susciter l’apitoiement, ne modifient en rien leur comportement, ne veulent surtout pas les modifier et continuent à se plaindre que le monde ne soit pas ce qu’elles voudraient qu’il soit. Une passivité qui les cantonne dans la plainte, la morosité et l’accusation
C’est typiquement le genre d’ouvrage à leur offrir car il peut provoquer un déclic en apprenant à changer son regard sur les choses, à les aborder différemment et à effectuer une prise de conscience.
Pierre Pradervand, à son habitude, avec humanisme et bienveillance, nous invite à grandir. Certes, ce livre ne fait pas tout et ce n’est d’ailleurs pas son objectif ; c’est à chacun de cheminer mais il délivre l’essentiel. Son titre explique tout : « Victime ou responsable : je choisis ». On ne peut jamais être responsable à 100% ou victime à 100% mais on a toujours la possibilité de faire pencher la balance davantage d’un côté ou de l’autre. C’est un choix, notre choix. Ce livre nous aide à choisir. -
La part du colibri : L’espèce humaine face à son devenir Pierre Rabhi

Beaucoup connaissent cette jolie histoire du Colibri qui « fait sa part ».Ode au respect de la nature et au respect de l’autre, incitation à se mettre en mouvement et à réfléchir sur le devenir de la planète, elle est ici déclinée par un écologiste amoureux de l’Homme et la transforme en une philosophie de vie.
En effet, nous pouvons tous agir comme ce colibri. Certaines de nos actions peuvent paraitre insignifiantes et l’on peut être tenté parfois de se dire « à quoi bon ? ». Il est vrai que nous ne sommes pas en mesure d’inverser le cours des choses de manière radicale.
Mais aussi, il importe de ne pas se tromper d’objectif. Lorsque nous faisons une bonne action envers l’un de nos proches par exemple, est-ce pour laisser notre nom dans l’histoire ? Pour faire plaisir à l’autre (et à soi) ? Pour donner l’exemple en espérant que d’autres agiront de même ? Cela n’est pas sans rappeler certaines paroles de Mère Térésa et notamment : « Nous réalisons que ce que nous accomplissons n’est qu’une goutte dans l’océan. Mais si cette goutte n’existait pas dans l’océan, elle manquerait ».
Ce livre est court et aisé à lire et en terme de développement personnel, il tient une grande place. Il est bon de s’y replonger de temps à autre pour bien comprendre que même si l’on se croit partie insignifiante du système, nous avons notre part à accomplir et notre contribution à apporter. Il suffirait que chacun y songe chaque matin pour que le monde aille (beaucoup) mieux. -
Faites vous-même votre malheur – Paul Watzlawick

Paul Watzlawick fut un psychothérapeute extraordinaire. L’étudier est un régal. Le lire également car son style possède cette faculté de rendre facilement accessible des concepts et des théories que d’autres auraient sans doute rendues plus ardues à saisir.
L’une de ses recherches majeures consiste à comprendre comment nous voyons le monde autour de nous et comment nous construisons, percevons et ressentons notre réalité. « Une idée, pour peu qu’on s’y accroche avec une conviction suffisante, qu’on la caresse et la berce avec soin, finira par produire sa propre réalité. » écrit-il.
Les solutions que nous imaginons sont parfois dotées d’un effet pervers : elles règlent un problème mais en crée immédiatement un autre. Il est donc particulièrement utile et bénéfique de comprendre cette étrange manière que nous avons de réagir face à une difficulté, manière qui n’est pas toujours la meilleure, loin s’en faut ! Prendre conscience est toujours un préalable indispensable car on peut ensuite modifier notre attitude de quelques degrés et toute la trajectoire prend alors une dimension autre.
Watzlawick a voulu ce livre à la portée de tous. Il y décortique avec un humour subtil l’ensemble des moyens que nous utilisons (parfois de manière tout à fait inconsciente) pour ne pas arriver à obtenir ce que nous désirons et finalement pour nous rendre malheureux. Sur un ton léger, il analyse la construction de nos croyances et de nos habitudes qui nous amènent tranquillement à notre malheur, lequel n’est pas toujours à prendre trop au sérieux !
Je le recommande régulièrement lors de séminaires ou en séances de coaching car rien n’est plus efficace que l’analyse ludique de ce que nous sommes pour ensuite décider d’aller mieux. Une sorte d’enseignement par le rire en fait.
A lire pour apprendre et pour se détendre. Du même auteur, dans la même veine et donc avec la même ironie subtile, « Comment réussir à échouer », pour décrypter les pièges de notre manière de voir les choses et les gens qui nous entourent.
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Le développement de la personne – Carl R. Rogers

Incontournable, certainement. Un ouvrage majeur sur la communication authentique. Il faut le lire pour saisir combien son apport fut capital dans l’évolution de la psychologie. Accueillir l’autre, l’écouter, chercher à le comprendre, manifester son empathie, apporter une aide efficace, tout est dit pour faciliter les relations et les rendre plus riche.
Carl Rogers, avec son Approche Centrée sur la Personne, a mis l’humanisme au cœur de sa démarche thérapeutique avec constamment un souci d’humilité et de vérité. Il devient alors loisible d’utiliser une démarche analogue dans nos relations avec les personnes que nous croisons.
Un livre qui m’a été une véritable révélation et qui fait comprendre tout ce que contient l’altérité dans sa dimension la plus humaine. -
Échapper aux manipulateurs : les solutions existent ! Christel Petitcollin

Excellent ouvrage comme il est plaisant d’en trouver de temps en temps. Ecriture claire et limpide, analyse fine et pertinente, exemples très « parlant », on découvre ce qu’est un manipulateur dans le quotidien, comment il « fonctionne », les dégâts qu’il provoque et comment s’en sortir. J’y ai retrouvé, page après page, deux personnes côtoyées autrefois et c’est comme si j’avais raconté mon histoire à l’auteur. Surprenant et très éclairant.
Un très bon livre, vraiment utile, que je conseille vivement pour réapprendre à exister pour soi, ne plus culpabiliser sans raison, retrouver son estime de soi et côtoyer les gens avec bonheur sans tomber dans une paranoïa de mauvais aloi mais en toute lucidité et une réelle intelligence relationnelle.
En un mot, merci à Christel d’avoir écrit ce livre d’une belle qualité. -
Je pense trop : comment canaliser ce mental envahissant Christel Petitcollin

Voici un livre fabuleux dont je suis sorti, comme le dit fort bien un internaute, avec cette incroyable impression qu’il a été écrit rien que pour moi !
Combien de choses s’éclaircissent au fil des pages : l’émotivité, l’hyperesthésie, la relation aux autres, la manière de bâtir constamment de relations d’idées, le sentiment de décalage avec l’environnement quotidien, les qualificatifs (cérébral compliqué, intellectuel, etc) donnés par d’autres alors que l’on ne fait que satisfaire un besoin constant de découverte, un plaisir d’apprentissage. Et tant d’autres informations éblouissantes et capitales.
On en ressort fier de savoir se balader comme un singe en liberté dans toutes nos arborescences ! Et on réalise que les normopensants sont… 85% et qu’il faut apprendre à les comprendre et à vivre avec eux. C’est vraiment beaucoup mais le défi est sans doute salutaire.
Christel Petitcollin a de nombreuses qualités dont un style clair, lumineux et simple, auréolé d’un humour subtil, un souci pédagogique constant pour expliquer avec simplicité et justesse et pour déculpabiliser. Elle a surtout une délicieuse bienveillance qui apparait à chaque page.
Il ne lui reste plus qu’à former ses confrères et consoeurs sur une thématique essentielle et même, indispensable pour éviter de tout ramener à des pathologies aussi ineptes que déstabilisantes.
Vraiment, un livre magnifique qui manquait cruellement. Quel bonheur de l’avoir lu, quel plaisir toute cette lumière qu’il dispense ! -
La Peau du tambour – Arturo Perez-Reverte

Voilà qui est étonnant et original. Un roman policier débutant sur un piratage du système informatique du Vatican, lequel charge un de ses prêtres d’aller enquêter sur les crimes commis dans son enceinte. Une sorte de James Bond en soutane !
Le début est un peu lent et tout à coup, ça décolle et on ne peut plus décrocher. L’histoire est bien construite, l’écriture est fluide et distinguée et les personnages ont de la profondeur. Les commentaires sur ce livre sont controversés. Pour ma part, j’y ai trouvé un très bon moment de détente avec une histoire captivante. Le suspense est bien mené et on s’accroche à cette histoire avec un plaisir certain. -
Ceux qui vont mourir te saluent – Fred Vargas

Quand on « entre dans un Vargas », passées les 5 premières pages, on ne peut plus le lâcher. Celui-ci est fort en intrigues et rebondissements. On croit avoir trouvé le coupable, tout semble logique et bien construit et à chaque fois, eh bien, ce n’est pas lui ! On recommence à chercher et le jeu est très plaisant.
Seule ombre par rapport à d’autres Vargas : le dénouement est un peu rapide. Il y aurait eut 10 ou 20 pages de plus, le livre y aurait largement gagné. Tout va trop vite d’un seul coup et c’est dommage. Mais pour le plaisir de l’enquête et la psychologie des personnages, ce livre mérite le détour car on va de surprise en surprise. « L’homme à l’envers » continue toujours de demeurer mon préféré mais celui-ci présente vraiment de l’intérêt.