Auteur/autrice : Xavier Cornette de Saint Cyr

  • Les Sagesses antiques – Michel Onfray


    On aime ou n’aime pas Michel Onfray. Force est de reconnaître qu’il a une véritable passion pour la philosophie et une véritable passion de la partager et de la mettre à la portée de tous. Son style est simple, clair et percutant. Un bonheur de le lire !
    Ici, centré sur les sagesses antiques, il nous donne à découvrir tous les philosophes « inconnus », ceux dont on ne parle pas ou plus, écartés par les tenants de l’historiographie classique et dont la pensée à cependant contribué à enrichir l’humanité.
    On est loin de la « philosophie classique » telle qu’elle est dramatiquement enseignée. Sous la plume d’Onfray, la revoilà enfin vivante, claire, utile et concrète. Au passage, il tord tranquillement le cou à Platon, sublimé dans nos écoles mais antihédoniste au possible et guerroyant contre tous ceux qui ne pensaient pas comme lui. Il donne également une autre image des sophistes sur lesquels nous avons des tas d’idées négatives et péjoratives (du fait des dialogues de Platon).
    Le propos de l’auteur n’est sans doute pas totalement neutre. Grand défenseur de la philosophie hédoniste (et pourquoi pas, après tout ?), ce sont surtout les auteurs allant dans ce sens qu’il « déterre ». Mais au moins, on apprend (beaucoup) et son argumentation est solide. En outre, pour ceux qui, du fait de l’enseignement donné dans les écoles, avaient une sainte horreur de la philo., voici une excellente manière de les réconcilier, de leur montrer que ce n’est pas aussi abstrait et abscond qu’ils le redoutaient mais tout au contraire, bien enchâssé dans la réalité quotidienne et accessible. Beau travail, non ?
    Un livre parfaitement documenté et dont la bibliographie est passionnante, un véritable guide ne se contenant pas d’une énumération d’ouvrages mais insérant des commentaires très personnels et critiques.
    Pour élargir son horizon, pour découvrir tout « ce que l’on nous avait caché » et pour mieux saisir l’évolution et les circonvolutions de la pensée, à lire sans retenue aucune !

  • Les Grands Philosophes de la Grèce antique – Luciano De Crescenzo


    Deux parties : une sur les Présocratiques et une allant de Socrate à Plotin. C’est léger, c’est vif, c’est amusant.
    On pourra toujours reprocher au livre de ne pas aller très en profondeur. Ce n’est pas son propos (et la bibliographie en annexe renvoie à des oeuvres plus spécifiques). Il a pour objectif en 350 pages de dresser un panorama global s’étendant sur quelques siècles de ces penseurs dont nous sommes les héritiers et il le fait d’une manière alerte particulièrement agréable. Il y a longtemps que j’ai lu ce livre mais j’y reviens régulièrement pour me rappeler en 3 ou 4 pages qui était tel philosophe ou quels étaient ses grands principes.
    Pour ceux qui voudraient connaitre ces philosophies d’une immense richesse mais hésitent face à certains « pavés » – de haute qualité souvent mais plutôt impressionnant – voici un excellent résumé qui n’omet pas l’essentiel et à consommer sans modération comme une douce gourmandise.
    Comme quoi, on peut tout à fait écrire des livres de philosophie qui soient à la fois profonds et instructifs autant que distrayant et délassant.

  • Le Bréviaire du chaos – Albert Caraco


    Albert Caraco, écrivain de grande culture, est tout à fait inconnu malgré une oeuvre gigantesque, tant en philosophie qu’en littérature, malgré la qualité évidente de son style que d’aucuns pourraient parfois trouver archaïsant mais qui n’en possède pas moins une réelle force.
    Il n’a pas été maudit. Pire : il a été ignoré et il faut rendre hommage aux Editions L’Age d’Homme de faire paraitre ses œuvres.
    Il est vrai que l’homme n’est pas foncièrement sympathique et ne cherche nullement à l’être. On le compare souvent à Cioran en tant que nihiliste. Au jeu des comparaisons, je lui trouve plutôt des parentés avec Lautréamont pour sa démesure, Céline pour ses propos acerbes, Schopenhauer pour son désabusement et Nietzsche pour son aspect visionnaire. Et en même temps, il est totalement et absolument inclassable.
    Il est vrai aussi qu’en ces temps actuels où il « faut » être heureux, une telle noirceur parait obscène, que face au « politiquement correct », il n’est pas de ceux qui se paient de mots et que vis-à-vis de l’humanisme, ses imprécations ont une virulence indécente qui secoue et ne laisse pas indifférent.
    Il est souvent outrancier même quand il use d’une syntaxe sobre et peut choquer plus d’une fois. Mais il faut reconnaitre que ses « prophéties » sonnent parfois tellement justes ! On pourrait croire qu’elles ont été écrites il y quelques mois. Non, c’était il y a une cinquantaine d’années.
    Ce livre porte bien son titre : Il y a beaucoup de chaos dans ses proférations, tantôt lumineuses et pertinentes, tantôt intempestives et agaçantes ou dérangeantes. Après des condamnations folles et des anathèmes d’un radicalisme sans appel, on le retrouve à énoncer des vérités que peu (personne ?) n’oserait énoncer et ce, avec une implacable lucidité.
    On estime alors que l’on ne peut accepter d’adhérer à ses propos, on considère qu’il part dans un délire exagéré et subversif et tout à coup, au détour d’une phrase, on se surprend à ne pouvoir faire autrement qu’approuver ce qu’il énonce et à se dire que là, oui, il a raison.
    Une œuvre brève, très particulière, parfois effrayante et sans pitié et cependant passionnante et percutante.

  • Lâcher prise avec Schopenhauer – Céline Belloq


    Le titre du livre n’est pas des plus heureux mais son contenu est fastueux. Certes, toute la philosophie de Schopenhauer n’est pas ici exposée mais ce n’est pas le propos de cette collection qui tend à s’intéresser à un aspect majeur d’une idée et à la développer avec simplicité, la mettant ainsi à la portée de tous.
    Schopenhauer, finalement assez mal connu, est surtout réputé pour sa noirceur. Et cependant, il décortique avec une grande lucidité les raisons pour lesquelles nous sommes souvent confrontés à un mal de vivre lancinant et décourageant. Une fois que l’on a bien saisi cela et que l’on a appris à se détacher des faux semblants, des promesses illusoires et des valeurs inutiles qui nous encombrent, il est temps alors de chercher une « voie » pour apprendre à vivre autrement. Ce philosophe ne fait pas de concessions et nomment les choses comme elles sont. C’est cette lucidité là qui est nécessaire si l’on veut cesser de se bercer dans quelque chose de plus doux en apparence mais qui au final ne nous apporte nullement ce que l’on espérait.
    Celine Belloq réalise ici un très beau travail, bien structuré, accessible et nous permettant de s’ouvrir à quelque chose que l’on n’attendait pas avec Schopenhauer : le lâcher-prise. C’est puissant et passionnant.

  • Réussir sa vie avec le Tao – Didier Gonin


    Ouvrage de très belle qualité à tous points de vue. Le commentaire d’un lecteur m’avait inspiré ; je l’ai suivi et j’ai trouvé un immense plaisir à lire ce livre. Il impressionne peut être de prime abord mais sa lecture est particulièrement aisée, instructive et enrichissante.
    Nul n’est besoin d’être taoïste pratiquant ou philosophe érudit pour le lire. Il invite, avec simplicité et pragmatisme, à poser de très utiles jalons dans notre existence, à réfléchir sur d’autres voies possibles et à gagner en sérénité dans la vie de tous les jours.
    Je le recommande très chaleureusement car il possède beaucoup de qualités et au premier rang desquels, le plaisir : plaisir de la découverte, de la réflexion, de l’apprentissage, de la rêverie.
    Mes félicitations et mes remerciements à son auteur. La traduction du Tao Tö King est réactualisée; je l’ai souvent comparée à 3 ou 4 autres versions et très souvent, celle-ci est dix fois plus lisible pour un esprit occidental sans que le sens initial n’en soit altéré. Ce livre démontre avec talent que l’on peut s’appuyer sur un texte bien ancien pour (ré)orienter sa façon de vivre aujourd’hui même. Car ce texte est en fait intemporel. Gageons que dans quelques siècles, il conservera la même actualité.

  • Le taoïsme – Marc Halévy


    Lao Tseu, contemporain de Bouddha et d’Héraclite, n’a pas fini, 25 siècles après, de nous étonner et de nous questionner. Ses propos ont toujours la même profondeur et la même actualité.
    De tous les ouvrages sur le taoisme, c’est l’un de mes préférés, raison pour laquelle je l’ai déjà offert à plusieurs personnes et en parle régulièrement. Il présente deux qualités qui lui confèrent une belle richesse et une réelle facilité de lecture : simplicité et exhaustivité.
    Les concepts présentés sont mis à la portée d’un esprit occidental et invitent à la réflexion avec, notamment en question sous-jacente : comment puis-je, dans mon quotidien, aujourd’hui et dans la société dans laquelle j’évolue, mettre en application et vivre pleinement ces concepts ? Comment en faire un mode de vie, voire un art de vivre ? Je déjà lu ce livre 2 ou 3 fois et vais recommencer car, au fur et à mesure de notre propre évolution, certains passages prennent un autre relief et c’est passionnant !

  • Bouddhismes, Philosophies et Religions – Bernard Faure


    Ce livre fore en profondeur le bouddhisme (ou plutôt les bouddhismes) qu’il examine à la lumière des autres sagesses et philosophies, tant de l’Orient que de l’Occident. Son auteur fait preuve d’une très belle érudition et ouvre des perspectives particulièrement intéressantes.
    Il faut un minimum de culture philosophique et connaitre un tant soit peu le Bouddhisme pour en retirer toute la force. Il est évident que ce livre ne se lit pas comme un roman mais il dévoile peu à peu infiniment de richesses et procure bien des plaisirs (à l’exception – pour moi – du dernier chapitre qui m’a paru parfois un peu obscur).
    Son titre n’est peut être pas des plus heureux mais a le mérite d’être parfaitement descriptif.
    Pour tous ceux qui ont envie d’approfondir et avoir un regard incisif sur cette philosophie/religion grâce à sa mise en parallèle avec d’autres pensées, ces pages procureront une très réelle satisfaction et susciteront quelques réflexions, de l’ordre de celles qui permettent d’aller un pas plus loin.

  • Le Devoir d’Être Heureux – Omraam Mikhaël Aïvanhov


    Un tout petit livre avec un tout petit prix mais contenant une belle source de richesse. Le titre n’est pas ce qu’il y a de mieux : être heureux ne peut être un devoir. Qu’importe, l’essentiel est dans les pages.
    Les écrits d’Aïvanhov sont souvent ésotériques et à ce titre, à aborder avec le recul nécessaire. Ici, il parle avec simplicité de ce qui nous concerne tous. Certes, il ne propose rien de révolutionnaire mais il a l’art de dire des choses si évidentes que l’on n’y prend plus garde, que l’on n’y prête plus attention et qui cependant conditionne notre capacité à être heureux.
    Un exemple : notre société de consommation et de marketing fait souvent naitre de la frustration. « Oubliez un peu ce qui vous manque, réjouissez-vous de ce que vous avez et apprenez à travailler avec » conseille Aïvanhov. Si nous appliquions tous ce point, sans doute y aurait-il moins de tristesse, d’envies et de jalousies et davantage de créativités, d’expansions et d’ouvertures.
    Comme c’est simple, on peut avoir tendance à lire vite, trop vite. Or, il faut prendre tout son temps et s’arrêter régulièrement pour se demander : Et moi, où en suis-je ? Est-ce que je fais ceci ou cela ? Puis-je faire autrement ? Ainsi, cet ouvrage vous apporte une mine de réflexions capitales.

  • Les trois désaccords : La voie d’une plus grande liberté personnelle – Yves-Alexandre Thalmann


    Un petit livre assez jubilatoire ! Le but : éviter d’ingurgiter sans réflexion des pensées magiques assénées par de soi-disant experts.
    Y.A. Thalmann, dont j’ai pu apprécier ses autres ouvrages, s’emploie ici dans un étonnant mélange de sérieux et d’ironie à déconstruire certains enseignements pour apprendre à les aborder avec davantage de recul. Et, grand plaisir, il y va gaiement sans manier la langue de bois.
    Du coup, il nous offre des clés plus construites et plus responsables de développement personnel ; il nous invite avec humour à reprendre notre esprit critique, à dénouer les ficelles purement commerciales de certains grands succès de librairie et à ne pas se laisser abuser par ce qu’il appelle le charabia mystico-ésotérique. L’un de ses objectifs est, dit-il, de « prendre nos distances envers les figures d’autorité, réelles ou prétendues telles ».
    Et finalement, en nous incitant à nous fier à notre propre expérience et en refusant de croire ce qui est écrit « parce que c’est écrit », il nous demande d’exercer notre sens critique pour le rendre constructif. Cela n’est pas sans rappeler le fameux slogan sur certains produits « Vu à la TV » comme si cela était un gage de qualité ! Certains avalent tout, d’autres y regardent à deux fois. Quand il s’agit d’un shampooing, ce n’est pas grave mais quand il est question de l’orientation de notre vie, le problème peut devenir plus épineux !
    En paraphrasant le sous-titre des « Quatre accords toltèques », celui de YA Thalmann est « La voie d’une plus grande liberté personnelle »
    A lire donc pour se détendre et affiner sa liberté de penser.

  • L’obsession de la performance – Benoît Saint Girons


    Voici une bonne dénonciation de tous ces nouveaux mythes qui nous encombrent la vie et finissent par nous faire aller à l’encontre de ce que nous recherchons.
    Bien documenté, style simple et alerte, un livre qui nous offre quelques clés presque évidentes pour vivre bien au lieu de toujours vouloir vivre plus (pour quoi faire ?)mais il semble que l’évidence soit bien difficile à comprendre et à vivre.
    Au moins, ces pages nous font prendre conscience de certains de nos errements. Ensuite, chacun est libre d’infléchir sa trajectoire pour vivre sereinement ou pour foncer plus rapidement vers le mur ! Certaines réalités individuelles sont finalement bien plus agréables que le mirage de nos illusions collectives.